La carte postale de Anne Berest

Publié le 20 Décembre 2021

La carte postale de Anne Berest

La carte postale

(Quatrième de couverture)

 

C’était en janvier 2003.
Dans notre boîte aux lettres, au milieu des traditionnelles cartes de vœux, se trouvait une carte postale étrange.
Elle n’était pas signée, l’auteur avait voulu rester anonyme.
L’Opéra Garnier d’un côté, et de l’autre, les prénoms des grands-parents de ma mère, de sa tante et son oncle, morts à Auschwitz en 1942.
Vingt ans plus tard, j’ai décidé de savoir qui nous avait envoyé cette carte postale. J’ai mené l’enquête, avec l’aide de ma mère. En explorant toutes les hypothèses qui s’ouvraient à moi. Avec l’aide d’un détective privé, d’un criminologue, j’ai interrogé les habitants du village où ma famille a été arrêtée, j’ai remué ciel et terre. Et j’y suis arrivée.
Cette enquête m’a menée cent ans en arrière. J’ai retracé le destin romanesque des Rabinovitch, leur fuite de Russie, leur voyage en Lettonie puis en Palestine. Et enfin, leur arrivée à Paris, avec la guerre et son désastre.
J’ai essayé de comprendre comment ma grand-mère Myriam fut la seule qui échappa à la déportation. Et éclaircir les mystères qui entouraient ses deux mariages. J’ai dû m’imprégner de l’histoire de mes ancêtres, comme je l’avais fait avec ma sœur Claire pour mon livre précédent, Gabriële.
Ce livre est à la fois une enquête, le roman de mes ancêtres, et une quête initiatique sur la signification du mot « Juif » dans une vie laïque.

Mon avis

Le livre commence par quelques pages qui "plantent le décor". Nous sommes en 2003, Lélia (la mère de la narratrice) reçoit une carte postale sur laquelle on peut lire les prénoms de ses grands-parents maternels, de son oncle et de sa tante, tous morts à Auschwitz en 1942.

Suite à un conseil de famille la carte postale est oubliée.

10 ans plus tard, la narratrice qui est enceinte à près de 40 ans éprouve le besoin d'en apprendre plus sur sa famille. Elle commence donc à enquêter sur sa famille.

Le livre I, nous permet de découvrir la vie de cette famille juive aux origines multiples de 1919 à 1942. Nous la suivons depuis l'Europe de l'est à la Palestine puis en France. Ce premier livre est le plus intéressant et constitue un roman à lui seul.

Le livre II est un retour au présent. Intitulé "Retour d'un enfant juif sans synagogue" il évoque la vie de la narratrice. Elle n'a jamais été pratiquante mais lorsque sa fille, Clara, rentre de l'école furieuse parce que son camarade de classe (que l'on suppose musulman) lui a dit "On n'aime pas trop les juifs à l'école", la mère de famille s'interroge sur sa judéité. Un questionnement d'autant plus important que sa belle-famille lui reproche "de ne pas être assez juive". Elle finira par trouver son identité non pas en tant que juive mais comme survivante : « Je me reconnais enfin : je suis fille et petite fille de survivants »

Ce livre est celui que j'ai trouvé le plus intéressant.

Le livre III est une évocation de l'importance des prénoms. L'auteur semble penser que le prénom que l'on vous donne vous prédispose à avoir telle ou telle vie. J'avoue que cette partie m'a laissée plus que dubitative.

Le livre IV, retrace la vie de Myriam la grand-mère de la narratrice. La romancière décrit le retour des survivants des camps, le Lutétia, les démarches administratives ...

Alors, que dire ?

Je ne regrette pas d'avoir lu ce (gros) livre (500 pages tout de même, mais je suis tout de même gênée par plusieurs éléments :

  • le mélange fiction documentaire : à plusieurs reprises l'auteur narre la vie des personnages et se lance dans une partie documentaire qui casse le rythme. Elle semble vouloir écrire une fiction et un documentaire en un seul livre
  • volonté didactique jusqu'au ridicule : la narratrice se trouve dans le bureau d'un détective. Alors qu'il l'interroge sur la mort de ses ancêtres en 1942, elle dit qu'ils sont tous morts à Auschwitz. Puis précise "en camp d'extermination". Si quelqu'un vous dit que des Juifs sont morts en 1942 à Auschwitz, est-il nécessaire d'ajouter : en camp d'extermination ?
  • quelques facilités : la narratrice se rend dans le village où ses grands-parents ont vécu et rien n'a changé. Elle frappe à la porte des voisins qui comme par hasard ont connu ses grands parents parce qu'ils n'ont jamais déménagé. L'enquêtrice retrouve m^me le piano volé à ses ancêtres dans le salon.
  • les leçons de morale : "L'indifférence concerne tout le monde. Envers qui, aujourd'hui, es-tu indifférente ? Pose-toi la question. Quelle victimes, qui vivent sous les tentes, sous les ponts d'autoroute, ou parquées loin des villes, sont des invisibles ?"

 

En conclusion,

 

J'ai bien aimé mais sans plus.

Emprunté à la bibliothèque municipale de Saint-Georges-sur-Loire 

Rédigé par Angevine

Publié dans #Littérature française, #Roman

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